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29 juil. 2026

Automobile et Histoire - FIAT 508 C TRANSFORMABILE SIMONETTI : LE DESSUS DU PANIER (2/2)


En italien, le mot “carrozziere” désigne, indifféremment, un garagiste spécialisé dans la réparation des carrosseries qu’un atelier où les carrosseries sont dessinées et produites. Cette précision sémantique est fondamentale car elle permet de comprendre comment certains mécanos, ceux dotés d’un grand savoir-faire, se sont, au fil des ans, improvisés ateliers. C’est précisément le cas de Simonetti, un excellent artisan de Padoue spécialisé dans la personnalisation des Fiat, qui s’était créé une réputation dans la seconde moitié des années 30 en modifiant des 500 Topolino : il en coupait les montants latéraux et le pavillon, ne gardant que les arceaux du pare-brise, pour faire de la berline ou de la Trasformabile un véritable cabriolet. Moins radicale d’un point de vue de la structure, était l’intervention qui, en 1940, donnait un coup de jeune à une 508 C Trasformabile de série de 1938, en remodelant la face avant dans un style inspiré de celui de la 1100 de 1939, tout en l’enrichissant de nombreux détails de style afin d’en élever le standing. Ainsi, les moulures chromées encerclant les ouïes d’aération sur la 1100 ne sont, ici, que de simples enjoliveurs. Preuve en est que, sur la 1100, le volet qui envoie de l’air frais vers l’habitacle est placé plus en bas, sous les chromes, alors que sur la Simonetti, il reste, comme sur la 508 C, en pied de pare-brise. Et si sur la Fiat de série les trois baguettes sont sous la ligne du capot moteur, sur la Simonetti, la plus haute est placée sur le bord du capot, pour suivre ensuite la ceinture jusqu’au le pli de tôle qui descend vers la poupe. Autres différences par rapport à une 508 C quelconque, les bords des ailes et les encadrements des vitres latérales sont agrémentés d’un filet chromé, les phares ne sont pas assortis à la carrosserie mais chromés et les enjoliveurs de roues passent du type central, avec inscription FIAT en majuscule, à des éléments au dessin à cercles concentriques couvrant toute la jante. Ce sont d’ailleurs les même que ceux utilisés sur la plupart des hors-série de Pinin Farina. Outre cette abondance de décorations, la calandre est l’élément qui change le plus : elle n’est pas aussi inclinée que sur la 508 C, ni aussi anguleuse que sur la 1100, et elle comporte 16 baguettes plus épaisses au lieu de 18. Simonetti parvient à dessiner un museau plus statuaire que la première et plus souple que sur la seconde, agrémenté par un pare-chocs spécifique au dessin élaboré et de deux antibrouillards. L’inspiration de la Buick Special de 1937 est patente. Les archives de l’entreprise ayant été perdues, il est impossible déterminer si, outre l’exemplaire qui illustre ces pages, Simonetti a transformé d’autres 508 C. Ce qui est sûr, c’est qu’il a très bien travaillé : l’opération, fort réussie, éloigne la 508 C de la discrétion typique des Fiat de production “normale” et rend cette Trasformabile encore plus exclusive qu’une Lancia Aprilia.


Texte Marco Visani – Photos IsolaPress

28 juil. 2026

Automobile et Histoire - FIAT 508 C TRANSFORMABILE SIMONETTI : LE DESSUS DU PANIER (1/2)

 

En 1937, Fiat remplace la 508 Balilla, issue du style et de la technicité de la décennie précédente, par une berline aérodynamique s’inspirant des lignes souples de la 500 Topolino et de la 1500, dont elle reprend pas mal d’évolutions techniques, à l’image de la suspension avant à roues indépendantes ou du moteur à soupapes en tête. Pour se distinguer dans un panorama automobile peu varié, un archipel de petits ateliers se mette à en proposer des versions personnalisées. C’est l’une d’entre elles, celle de la Carrozzeria Simonetti de Padoue, que nous avons dénichée pour vous.


Aux côtés de la berline, Fiat dévoile la Trasformabile (plus exactement, Berlina Trasformabile) dont le toit en toile intègre la lunette arrière. Pour ne pas perturber les opérations d’ouverture de la capote, les flèches (à commande électriques) passent du bord du pare-brise, où ils se trouvent sur la berline, aux flancs, entre la porte avant et le capot moteur. Les autres variantes de carrosseries sont le cabriolet 2 portes (chacune des portes latérales, rallongée, occupe tout l’espace entre les deux passages de roue) et la Torpédo Coloniale, un cabriolet 4 portes pensée pour l’Armée et les colonies africaines. Moins courante pour Fiat, la 508 L (Lunga, longue) est une limousine six glaces et six places avec empattement rallongé de 28 cm et trois rangées de sièges. De la 508 C berline naîtra, en 1938, la Simca 8, avec des modifications de détail.

En 1939, Fiat harmonise la face avant de la 508 C à celle, en proue de bateau, de la 2800 : c’est l’énième hommage à la mode américaine qui demande le sacrifice du profil en œuf original si typique. Au passage, Fiat en profite pour simplifier la dénomination, laquelle devient finalement Fiat 1100 tout court. Son apparition démode d’un coup la 508 C apparue deux ans avant. Dans un pays où l’automobile est encore un luxe, et avec la guerre qui menace, peu nombreux seront ceux qui troqueront leur 508 C pour une 1100 juste pour rouler “plus à la page”. Cependant, une très petite partie du public essayera de se faire moderniser leur 508 C à moindre frais, et ce, en ayant recours à des carrossiers.


Texte Marco Visani – Photos IsolaPress
Gazoline

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20 juil. 2026

Automobile et Histoire - GAZ VOLGA M21 S : ENVIE DE CAPITALISME (2/2)


En 1960, le système centralisé de graissage de la transmission, à activer par un bouton tous les 100 km, est abandonnée au profit de graisseurs conventionnels. Cette même année, le cervidé qui orne le capot moteur est abandonné par souci de sécurité, et notamment sur les marchés d’exportation, qui se font de plus en plus nombreux : c’est effectivement la Volga qui ouvrira à l’industrie soviétique la voix de l’exportation, jusque-là inconnue pour les Russes. Ce millésime voit également son tableau de bord peaufiné dans les détails. Pour la Volga, l’année la plus riche en innovations est 1962. Outre le lancement du break (la M22, avec une charge utile de 400 kg), qui se vendra presque uniquement à l’étranger, la berline fait l’objet d’un restylage qui rend sa face avant plus élégante grâce à une calandre à la fine grille verticale. Les autres éléments visuels qui caractérisent cette troisième série de la Volga (désormais identifié comme type M21) sont des clignotants avant plus grands, de nouvelles optiques arrière montées sur une platine en plastique au lieu qu’en acier, une forme différente de l’éclaireur de la plaque de police, la suppression de la moulure chromée sur le capot moteur tout comme des bananes de pare-chocs. Les tissus des sièges offrent un nouveau dessin et le revêtement du pavillon est en plastique lavable et non plus en toile. Moyennant supplément, on peut se faire livrer sa Volga avec un autoradio. Les amortisseurs, qui déjà dans le courant du millésime précédent étaient passés de la friction à l’hydraulique, sont légèrement plus rigides. Un modèle S, avec des subtiles différences à niveau de l’aménagement, est réservé à l’export. C’est encore en 1962 que commence, en petite série et pour le KGB uniquement, la production de la M23, une M21 dotée du moteur 8 cylindres en V de 5,5 litres pour 160 ch de la GAZ 13 Tchaika (un modèle de luxe réservé aux hauts fonctionnaires de la nomenclature). A partir de 1965, le levier de vitesses au plancher est disponible en option. En 1967, la nouvelle M24, avec une carrosserie inédite, vient l’épauler. Une quatrième série de la M21 est envisagée mais finalement pas retenue : la toute dernière M21 est assemblée le 15 juillet 1970. […]


Texte Marco Visani – Photos IsolaPress
Gazoline

11 juil. 2026

Automobile et Histoire - GAZ VOLGA M21 S : ENVIE DE CAPITALISME (1/2)


La plus américaine des voitures russes, du moins du point de vue de son dessin, a été le modèle qui a ouvert à l’industrie soviétique les portes de l’exportation vers les marchés occidentaux. Statutaire et généreuse avec son habitacle très accueillant, elle confirme sur route la distance sidérale entre “nos” autos et celles produites au-delà du rideau de fer : ces performances sont modestes et son comportement très daté. Et c’est justement là que réside son charme.

Dès 1928, du premier plan quinquennal voulu par Staline jette les bases d’une vraie industrie de l’auto soviétique. Après un accord signé avec la Ford Motor Company. Des Ford A rebadgé seront fabriqué sous le nom NAZ qui deviendra GAZ par la suite. Après un premier modèle perfectible lancé en juin 1946, c’est en novembre 1953 que le projet pour le remplacement de la Pobieda obtient feu vert de la direction de l’entreprise. L’ingénieur Mikaïlovitc Kevzorov, un ancien de ZIM (l’un des constructeurs des limousines russes) procède, avec une vitesse jamais vue ni en URSS ni ailleurs, au développement d’une automobile qui reprend toutefois les soubassements mécaniques de sa devancière : le premier prototype roule dès mars 1955 et en octobre de la même année, un raid reliant Moscou à la Crimée et retour est l’occasion de la faire connaître au public. La nouvelle venue s’appelle M21 Volga. GAZ continue de s’inspirer du style des modèles américains et la ressemblance avec la Ford Customline de 1952 est patente. La surface vitrée est en progression de 40 % par rapport à la Pobieda et le profil tricorps permet un Cx de 0,42, favorable pour l’époque. A l’occasion de la présentation du prototype à Leipzig, GAZ annonce un nouveau moteur “carré” (92 x 92 mm) quatre cylindres de 2 445 cm3 entièrement en aluminium tournant sur cinq paliers et délivrant 75 ou 80 ch suivant le rapport volumétrique. Plus étonnant, il sera accouplé à la toute première boîte automatique (une trois rapports) jamais produite derrière le rideau de fer. Mais encore une fois, des soucis de mise au point bouleverseront les plannings : la boîte auto quant à elle n’équipera qu’environ 700 exemplaires de la Volga dont les premiers modèles (ceux produit d’octobre 1956 à juillet 1957) devront se contenter de l’ancien moteur de la Pobieda, toutefois augmenté à 2 432 cm3 et 65 ch. Le millésime 1958 profite enfin du nouveau moteur, qui lui permet d’afficher 135 km/h au compteur avec une consommation réduite par rapport à la Pobieda, qui du coup prend un sacré coup de vieux. Pour l’occasion, la calandre, jusqu’à là tout simplement assortie à la nuance de la carrosserie, devient chromée.


Texte Marco Visani – Photos IsolaPress
Gazoline

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9 juil. 2026

Music - Projecteurs sur - BRIAN WILSON - SURF'S UP : LE MORCEAU FANTÔME

"Surf's up" 

Ce titre incarne presque à lui seul le mythique projet Smile qui ne sortira en coffret qu’en 2011, quarante-cinq après les premiers enregistrements. "Pour Noël 1966, Leonard Bernstein présente un documentaire télé pour montrer à un public adulte à quel point la musique pop est géniale, raconte Jean-Marie Pottier. Pour l’occasion, Brian Wilson est filmé seul au piano interprétant Surf’s Up. Cette image sera la seule que l’on aura pendant assez longtemps du titre."

La chanson sort cinq ans plus tard sur l’album du même nom mais dans une version réenregistrée. Plusieurs versions pirates vont longtemps circuler sous le manteau. Après en avoir entendu une, le musicien britannique Elvis Costello avait confié : « Entendre Surf’s Up, c’est comme entendre un inédit de Mozart sur une cassette. »

OuestFrance

6 juil. 2026

Music - Projecteurs sur - BRIAN WILSON : I GET AROUND - LE PREMIER NUMERO AUX ETATS-UNIS


Ce titre, le premier numéro des Beach Boys aux USA en 1964, est l’incarnation du rêve californien. « Entre 1962 et 1965, les Beach Boys dessinent une Californie idéale aux yeux de l’Amérique mais aussi du monde entier », note Jean-Marie Pottier.

Il y a le surf, les filles mais aussi les voitures comme celle que les Beach Boys utilisent dans la chanson pour aller de ville en ville et explorer les routes californiennes. « Le morceau incarne tellement la nostalgie des années 1960 qu’il sera repris par Voulzy dans son Rockollection », observe Jean-Marie Pottier. Le journaliste remarque aussi au passage que cette vision du groupe, fun et plein de vie, "sera démentie par la trajectoire du groupe dans les années qui suivent".

OuestFrance

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