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2 mai 2026

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PlaneteVintage

Automobile et Histoire - ALFA ROMEO GIULIA SPRINT - 3/3 -


Le public accueille chaleureusement la Giulietta Sprint. Durant les 12 jours du 36e Salon, qui se déroule au parc du Valentino du 21 avril au 2 mai, 3 000 commandes sont passées ! Même si les exemplaires de préséries sont assemblés d’une façon très hâtive (les banques qui ont fait crédit à Alfa Romeo exigent des indicateurs de vitalité immédiats) la voiture devient immédiatement une véritable “classic”. Quand, un an plus tard, toujours au Salon de Turin, c’est au tour de la berline puis, peu après, du magnifique Spider dessinée par Pinin Farina d’être dévoilés, le contexte ne pourrait leur être plus favorable.

Cet engouement ouvre la voie à un élargissement de la gamme à la fois naturel et incessant : en 1956, une version allégée (-70 kg) et plus puissante (79 ch contre 65) de la Sprint, la Veloce, s’ajoute au programme. En 1958, tant la Sprint que la Sprint Veloce sont concernées par un restylage : phares et optiques arrière agrandis, calandre grillagée, boîte avec synchroniseurs Porsche et levier de vitesses passant du volant au plancher. La puissance de la version normale monte à 80 ch ; l’adoption en série de la petite banquette arrière, jusque-là proposée en option, en fait une 2+2. En septembre 1960, Bertone qui, au-delà du style, s’occupe de la production des carrosseries, ouvre une nouvelle usine à Grugliasco, dans la banlieue de Turin et en juin de l’année suivante, on fête la 20 000e Giulietta Sprint : c’est le passage de l’artisanat à l’industrie. Avec ce précédent d’un coupé arrivé avant la berline, et sans possibilité d’en proposer un entièrement nouveau avant la fin de l’année suivante, Alfa Romeo se trouve bien embarrassé au printemps 1962 : impossible de lancer une quatre portes hyper moderne, dessinée par le vent (c’est le slogan utilisé par la communication de la Giulia Ti), produite dans une usine spécialement aménagée, sans avoir un coupé à ses côtés. La recette provisoire du Portello est alors de prendre les Giulietta Sprint, SS et Spider, leur greffer le moteur 1 570 cm3 – 91 ch et la boîte cinq vitesses de la Giulia TI et les baptiser Giulia Sprint, Giulia SS [4] et Giulia Spider. […]

Gazoline

30 avr. 2026

Automobile et Histoire - ALFA ROMEO GIULIA SPRINT - 2/3 -


Nous sommes au début de l’année 1952. L’IRI, l’établissement public qui contrôle Alfa Romeo depuis 1933, est informée que Fiat lancera l’année suivante la 1100/103 et que, dans le même temps, Lancia présentera l’Appia. De fait, même si cela fait plus d’un an que le bureau d’études d’Alfa planche sur une petite traction avant de la classe 1100, les ingénieurs de la marque se retrouvent pris par le temps pour avancer sur un dossier à la technicité aussi évoluée. La décision est donc prise de miser sur une voiture plus classique. Et puisque rivaliser avec Fiat sera presque impossible, Giuseppe Busso, responsable du projet, obtient de la direction de l’entreprise le droit d’augmenter la cylindrée à 1,3 litre : la nouvelle “petite” Alfa Romeo sera donc à mi-chemin entre les compactes turinoises et la 1900 maison lancée en 1950 et s’approchera donc plus de la Fiat 1400 que de la 1100. Quoi qu’il en soit, le plus petit moteur produit jusque-là par Alfa Romeo ne renie pas ses racines, puisqu’il offre une distribution commandée par deux arbres à cames en tête, comme c’est le cas sur n’importe quelle Alfa Romeo depuis la fin des années 20. Toutefois, à la différence de celui de la 1900, dont le bloc est en fonte, le nouveau bloc bénéficie d’une fabrication entièrement en aluminium (qui sera même utilisé pour la boîte et le différentiel). Pendant qu’à Milan la berline (dont le style est figé le 10 septembre 1952) prend donc forme, à Turin, chez Bertone, Franco Scaglione met la dernière main au coupé, prévu pour être dévoilé dans un second temps. Mais à l’automne 1953, la mise au point de la berline, dont le lancement est prévu pour le Salon de Turin au printemps suivant, est perturbée : des vibrations intolérables apparaissent dans le train avant, la direction est affligée de shimmy, la traverse avant de la coque autoporteuse se fêle sous le triangle inférieur de suspension allant même jusqu’à casser. Pour ne pas renoncer à être la vedette du Salon, on avance alors le coupé, en comptant sur le fait que quelques défauts (le bruit du moteur notamment) seront mieux admis sur une sportive. Ajoutez à cela que la carrosserie, plus compacte, limite les résonances...

Gazoline

29 avr. 2026

Automobile et Histoire - ALFA ROMEO GIULIA SPRINT - 1/3 -


Mélange entre la carrosserie du coupé Giulietta et le moteur de la berline Giulia, cette Giulia Sprint est, plus exactement, une Giulietta Sprint 1600. En 1962, elle a changé de nom pour s’intégrer (un peu de force) dans la gamme de la nouvelle arrivante. Malgré son côté hétéroclite, elle garde une élégance intemporelle et ajoute du punch à une mécanique déjà très sportive. Au final, cela fait d’elle la Giulietta la plus pétillante sur route… Même si elle ne l’est pas !

Méfiez-vous des apparences : cette voiture n’est pas une Giulia. Et si elle ressemble étonnement à une Giulietta, c’est parce-que c’est bien ce qu’elle est ! Dans ce cas me direz-vous, pourquoi nous la présente t-on comme une Giulia ? La raison en est qu’en juin 1962, quand Alfa Romeo dévoile sa nouvelle Giulia, la marque n’a que la berline à proposer à ses clients. Cela semble à priori sans importance dans la mesure où, le plus souvent, les variantes sportives arrivent après la version “normale”. Sauf que chez Alfa Romeo, la Giulietta avait tout bouleversé quand, en 1954, le coupé Sprint avait été lancé avant la berline. On vous explique pourquoi...


Gazoline

26 avr. 2026

Automobile et Histoire - FIAT 2300 LUSSO FAMILIARE : DU VOLUME ET DU LUXE (3/3)


En mai 1961, soit deux ans après le lancement, la 1800 devient 1800 B et la 2100 est remplacée par la 2300. L’évolution a pour but d’éloigner visuellement les deux modèles l’un de l’autre — voilà pourquoi la 2300 adopte une nouvelle et plus statutaire face avant à quatre phares — et d’améliorer le comportement dynamique. 

Le pont est simplifié, tant pour améliorer la tenue de route que pour augmenter l’espace de chargement. Suspendu sur de simples ressorts à lames de longueur normale (et pas seulement limités à la partie entre roue et centre de la voiture), débarrassé des ressorts hélicoïdaux et complété par une barre anti-dévers, l’essieu — en collaboration avec un réservoir aplati — permet de loger la roue de secours sous le plancher du coffre au lieu qu’à l’horizontale, rendant ainsi l’espace de chargement plus régulier, sans ressaut au niveau du pont. 

Si sur la berline cela se fait au prix d’une réduction du 10 % du volume utile (on perd 9 cm en hauteur) sur le break, c’est un pur bonheur car, grâce à un nouveau dessin du plancher, la hauteur utile passe de 63 à 75 cm. Sur les deux modèles, le freinage passe des tambours aux disques avec servofrein et répartiteur arrière et les voies avant sont élargies de 1,30 à 1,34 m. La 1800 B délivre 11 ch de plus que la 1800 (86 au lieu que 75) ; sur la 2300, grâce à la cylindrée augmentée de 2 054 à 2 279 cm3, le gain est bien plus évident, passant de 82 à 105 ch. Les vitesses maximales grimpent de 140 à 145 km/h pour la 1800 B et de 150 à 155 km/h pour la 2300. Sans plus toucher à la 1800 B, un énième restylage intéresse, en mars 1963, la 2300, dont la deuxième série devient 2300 Lusso. C’est une modernisation qui intéresse presque uniquement la berline, laquelle voit sa partie arrière adopter un capot de malle rehaussé permettant de récupérer la capacité de charge perdue en 1961; les optiques arrière sont redessinées avec un style moins arrondi et le monogramme “Fiat 2300” passe de la poupe au bord du coffre. La Familiare, quant à elle, a comme seule modification esthétique l’adjonction d’éléments caoutchoutées sur les bananes de pare-chocs avant. Pour le reste, elle garde l’arrière de la 2300 de 1961 (mais aussi à la 2100). […]

Gazoline

24 avr. 2026

Automobile et Histoire - FIAT 2300 LUSSO FAMILIARE : DU VOLUME ET DU LUXE (2/3)


Dans l’air du temps avec sa ligne en coin, le modèle n’est également pas sans intérêt d’un point de vue technique. Etudié par l’ingénieur Aurelio Lampredi, un ancien de chez Ferrari qui signera sept ans plus tard le célèbre double-arbre Fiat, son moteur culbuté, totalement inédit, possède des soupapes inclinées qui déterminent des chambres de combustion dites poli-sphériques. Crédité de 75 et 82 ch selon la cylindrée, ce six cylindres en ligne dérive de celui des blocs des 1300/1500 par l’adjonction de deux cylindres supplémentaires. Il est étudié pour être avant tout généreux en couple : 12,8 mkg sur la 1800 et 17 sur la 2100, pour des vitesses maxi de 140 et 150 km/h. Pour la première fois sur une Fiat, la suspension avant arbore des barres de torsion comme éléments élastiques. Le pont arrière, repris des précédentes 1400 B et 1900 B, fait appel à un insolite dessin associant un demi-ressort à lames articulé vers le centre de la carrosserie et des ressorts hélicoïdaux avec amortisseurs désaxés. La 1900 B prête à la nouvelle venue ses freins à tambours avec surpresseur, un dispositif que l’on peut assimiler à une sorte de servo-frein. La boîte renonce tant à la cinquième vitesse qu’à l’embrayage avec coupleur hydraulique entre boîte et moteur de sa devancière, mais adopte enfin la synchronisation sur tous le rapports (sur la 1900 B, la 1re en était dépourvue).

Gazoline

22 avr. 2026

Automobile et Histoire - FIAT 2300 LUSSO FAMILIARE : DU VOLUME ET DU LUXE (1/3)


Six places, un capot de malle énorme, une grande modularité et une mécanique souple et rapide : voilà le seul break à six cylindres jamais produit par Fiat dans son expression la plus cossue et soignée. Presque ignorée à son époque par la clientèle italienne, qui prétendait que ce genre de voiture n’était bon que pour les artisans, elle est une routière élégante, confortable et rassurante. Nous en avons déniché une tout juste sortie de réfection.

Avant de s’intéresser plus précisément au modèle essayé, il faut préciser qu’à l’époque, Fiat contrôlait les trois quarts du marché, les autres constructeurs nationaux étant presque absents de la niche des breaks : Autobianchi se limitait à la Bianchina Panoramica (Belvedère en France), Innocenti à la Mini T, produite en des quantités à tout à fait confidentielles et Alfa Romeo avait produit, par le biais d’ateliers spécialisés, une centaine d’exemplaires de Giulietta et Giulia. Quant à l’éphémère Appia Giardinetta de Lancia (300 unités entre 1959 et 1961), elle sera restée sans une descendance.

Les six cylindres 1800 et 2100 (ancêtre de la 2300) sont lancées en mars 1959 au Salon de Genève. C’est la première — et la seule— fois qu’une Fiat à six cylindres est proposée officiellement en break et c’est également la première fois que cette carrosserie est intégrée à la gamme d’un modèle Fiat dès le lancement au lieu de l’être plus tard, comme cela avait été le cas pour la 500 Topolino (arrivée 12 ans après la berline) et la 1100/103 (un an après). Son hayon, à la mode américaine, se compose de deux moitiés : la lunette se soulève alors que la partie inférieure se rabat. En raison des faibles volumes de production, la construction de sa carrosserie est confiée à un sous-traitant, le carrossier Savio.


Texte Marco Visani – Photos IsolaPress
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