Nous sommes au début de l’année 1952. L’IRI, l’établissement public qui contrôle Alfa Romeo depuis 1933, est informée que Fiat lancera l’année suivante la 1100/103 et que, dans le même temps, Lancia présentera l’Appia. De fait, même si cela fait plus d’un an que le bureau d’études d’Alfa planche sur une petite traction avant de la classe 1100, les ingénieurs de la marque se retrouvent pris par le temps pour avancer sur un dossier à la technicité aussi évoluée. La décision est donc prise de miser sur une voiture plus classique. Et puisque rivaliser avec Fiat sera presque impossible, Giuseppe Busso, responsable du projet, obtient de la direction de l’entreprise le droit d’augmenter la cylindrée à 1,3 litre : la nouvelle “petite” Alfa Romeo sera donc à mi-chemin entre les compactes turinoises et la 1900 maison lancée en 1950 et s’approchera donc plus de la Fiat 1400 que de la 1100. Quoi qu’il en soit, le plus petit moteur produit jusque-là par Alfa Romeo ne renie pas ses racines, puisqu’il offre une distribution commandée par deux arbres à cames en tête, comme c’est le cas sur n’importe quelle Alfa Romeo depuis la fin des années 20. Toutefois, à la différence de celui de la 1900, dont le bloc est en fonte, le nouveau bloc bénéficie d’une fabrication entièrement en aluminium (qui sera même utilisé pour la boîte et le différentiel). Pendant qu’à Milan la berline (dont le style est figé le 10 septembre 1952) prend donc forme, à Turin, chez Bertone, Franco Scaglione met la dernière main au coupé, prévu pour être dévoilé dans un second temps. Mais à l’automne 1953, la mise au point de la berline, dont le lancement est prévu pour le Salon de Turin au printemps suivant, est perturbée : des vibrations intolérables apparaissent dans le train avant, la direction est affligée de shimmy, la traverse avant de la coque autoporteuse se fêle sous le triangle inférieur de suspension allant même jusqu’à casser. Pour ne pas renoncer à être la vedette du Salon, on avance alors le coupé, en comptant sur le fait que quelques défauts (le bruit du moteur notamment) seront mieux admis sur une sportive. Ajoutez à cela que la carrosserie, plus compacte, limite les résonances...
Gazoline