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11 juil. 2026

Automobile et Histoire - GAZ VOLGA M21 S : ENVIE DE CAPITALISME (1/2)


La plus américaine des voitures russes, du moins du point de vue de son dessin, a été le modèle qui a ouvert à l’industrie soviétique les portes de l’exportation vers les marchés occidentaux. Statutaire et généreuse avec son habitacle très accueillant, elle confirme sur route la distance sidérale entre “nos” autos et celles produites au-delà du rideau de fer : ces performances sont modestes et son comportement très daté. Et c’est justement là que réside son charme.

Dès 1928, du premier plan quinquennal voulu par Staline jette les bases d’une vraie industrie de l’auto soviétique. Après un accord signé avec la Ford Motor Company. Des Ford A rebadgé seront fabriqué sous le nom NAZ qui deviendra GAZ par la suite. Après un premier modèle perfectible lancé en juin 1946, c’est en novembre 1953 que le projet pour le remplacement de la Pobieda obtient feu vert de la direction de l’entreprise. L’ingénieur Mikaïlovitc Kevzorov, un ancien de ZIM (l’un des constructeurs des limousines russes) procède, avec une vitesse jamais vue ni en URSS ni ailleurs, au développement d’une automobile qui reprend toutefois les soubassements mécaniques de sa devancière : le premier prototype roule dès mars 1955 et en octobre de la même année, un raid reliant Moscou à la Crimée et retour est l’occasion de la faire connaître au public. La nouvelle venue s’appelle M21 Volga. GAZ continue de s’inspirer du style des modèles américains et la ressemblance avec la Ford Customline de 1952 est patente. La surface vitrée est en progression de 40 % par rapport à la Pobieda et le profil tricorps permet un Cx de 0,42, favorable pour l’époque. A l’occasion de la présentation du prototype à Leipzig, GAZ annonce un nouveau moteur “carré” (92 x 92 mm) quatre cylindres de 2 445 cm3 entièrement en aluminium tournant sur cinq paliers et délivrant 75 ou 80 ch suivant le rapport volumétrique. Plus étonnant, il sera accouplé à la toute première boîte automatique (une trois rapports) jamais produite derrière le rideau de fer. Mais encore une fois, des soucis de mise au point bouleverseront les plannings : la boîte auto quant à elle n’équipera qu’environ 700 exemplaires de la Volga dont les premiers modèles (ceux produit d’octobre 1956 à juillet 1957) devront se contenter de l’ancien moteur de la Pobieda, toutefois augmenté à 2 432 cm3 et 65 ch. Le millésime 1958 profite enfin du nouveau moteur, qui lui permet d’afficher 135 km/h au compteur avec une consommation réduite par rapport à la Pobieda, qui du coup prend un sacré coup de vieux. Pour l’occasion, la calandre, jusqu’à là tout simplement assortie à la nuance de la carrosserie, devient chromée.


Texte Marco Visani – Photos IsolaPress
Gazoline

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