Le double dossier des projets 740 et 720 voir le jour au printemps 1967. Le premier vise une compacte bicorps (2 ou 4 portes et break) avec cylindrées comprises entre 0,9 et 1,1 litre, le second un modèle de la classe 1,25 – 2 litres (4,40 m de longueur) avec carrosserie hatchback, break et coupé. Les deux partagent une implantation mécanique classique (moteur à l’avant et propulsion) et des suspensions à quatre roues indépendantes. La dernière citée inaugure, en plus, une nouvelle famille de moteurs à arbre à cames en tête et vilebrequin sur cinq paliers. Mais à mesure que le temps passe, le projet du petit modèle s’efface au profite de la grande voiture. Problème, les gens de Škoda considèrent que le style, qui n’est pas sans rappeler (du moins, dans ses proportions générales) celui de la Renault 16, n’est pas un modèle de fluidité. A l’automne 1968, après plusieurs remaniements, tant en interne que proposés par des spécialistes venus d’ailleurs, le chef du design, Franišek Sajdí, frappe à la porte de la Italdesign, que Giorgetto Giugiaro venait de fonder le 13 février de la même année. En avril 1969, il remet son premier dessin (il s’agit, cette fois, d’une berline trois volumes) et le 30 août le premier prototype complet est livré à l’usine : sa collaboration a coûté 40 millions de couronnes à la marque, soit l’équivalent de plus de 700 Škoda 100 L ! Le planning prévoit de produire les toutes premières 720 (5 000 exemplaires) à la fin de 1972, et d’arriver à 120 000 unités par an à partir de 1973. Des équipements à l’époque inconnus au-delà du rideau de fer sont prévus sur l’auto : citons pêle-mêle quatre freins à disques, une boîte automatique, sans compter l’injection électronique sur les modèles haut de gamme. Mais en juin 1972, le rideau tombe sur la 720 : les financements manquent cruellement et les conséquences du printemps de Prague ont bouleversé les apparatchiks des entreprises. Les pourparlers de coopération avec l’est-allemande Wartburg ayant échoué, il ne reste plus qu’à se contenter d’une profonde modernisation de l’existant.
Texte Marco Visani – Photos IsolaPress
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