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30 oct. 2026

Automobile et Histoire - ALFA ROMEO 2300 RIO : LA CARIOCALFA (1/2)


Premier et seul modèle dessiné en Italie spécialement pour le marché brésilien, cette grande berline aux faux-airs d’Alfetta et d’Alfa 6 repose sur des soubassements mécaniques de l’ancienne 1900 des années 50. Durant une courte période, elle a été commercialisée, sans grand succès, sur certains marchés européens. Nous avons déniché l’une de ces rares brésiliennes vendue à l’origine en Allemagne. Plus confortable que sportive, elle propose une interprétation alternative de la classe Alfa Romeo.

Tout le monde (ou presque) sait que, de même que les Ford américaines sont totalement différents des celles qui sortent des chaînes en Europe, les Fiat, Renault ou Volkswagen au passeport mexicain, brésilien ou argentin ont peu en commun avec leurs homologues du Vieux Continent. En revanche, peu de gens savent qu’Alfa Romeo a également eu une existence en Amérique du Sud avec, là aussi, la production de voitures spécifiques, aussi bien d’anciens modèles adaptés aux besoins des marchés nationaux que des autos spécialement conçus pour le Brésil.

Cette histoire commence avec un sigle, FNM, qui ressemble un peu à l’acronyme d’un syndicat. Il désigne en réalité la Fabrica Nacional de Motores, fondée en 1942 à Rio de Janeiro, pour produire des moteurs d’avions et des camions, ces derniers initialement sous licence Isotta Fraschini et seulement ensuite Alfa Romeo. Leur origine industrielle commune — c’est à dire le fait que les deux entreprises appartiennent à l’Etat — favorise les échanges commerciaux. Preuve en est qu’en 1960, leurs accords de coopération s’étendent aux voitures. La première FNM construite à Xerém avec des pièces envoyées de Milan est la JK de 1961, copie presque conforme de l’Alfa Romeo 2000, la berline au style anguleux qui avait succédé en 1957 à la glorieuse 1900 dont elle reprenait par ailleurs presque l’intégralité de la mécanique. Le sigle qui en compose son nom rend hommage à Juscelino Kubitschek, le président brésilien à l’origine de cette collaboration. Pratiquement identique à la 2000 italienne, elle présente un rapport volumétrique plus faible pour pouvoir accepter les essences locales à faible indice d’octane. […] En 1968, Alfa Romeo rachète la majorité des actions de FNM. La même année, elle lance la 2150, qui n’est autre qu’une édition quelque peu modernisée de la 2000, dotée d’une boîte de vitesses à cinq rapports et d’une cylindrée de 2 132 cm³ (la course a été portée de 88 à 94,5 mm), délivrant 110 chevaux. Les modifications de la carrosserie sont par contre limitées : le renflement au centre du capot moteur qui abritait la partie supérieure de l’écusson Alfa Romeo — finalement plus petit, arrondi et intégré dans la calandre — a été supprimé. D’autre part, la calandre intègre des feux secondaires rectangulaires au lieu de ronds et les pare-chocs sont dotés de bandes de protection caoutchoutées.


Texte Marco Visani – Photos IsolaPress

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